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Fatoumata M Diarra dans la vidéo « La méchanceté gratuite ne construit rien »

Société

La méchanceté gratuite ne construit rien

Pourquoi certaines personnes s’acharnent-elles sur ceux qui ne leur ont rien fait ? La réponse dit rarement quelque chose de la victime.

2 min de lecture

C’est une expérience que presque tout le monde a faite : être pris pour cible par quelqu’un à qui l’on n’a rien fait. La première réaction est toujours la même — chercher ce qu’on a bien pu provoquer. Cette recherche est presque toujours vaine, parce qu’elle part d’une hypothèse fausse.

La malveillance gratuite naît rarement d’un tort réel. Elle naît le plus souvent d’une comparaison. Une personne qui avance rappelle à une autre ce qu’elle n’a pas fait, et ce rappel est difficile à supporter. Il est plus confortable de rabaisser celui qui progresse que de reconnaître ce qu’on n’a pas entrepris soi-même.

Elle naît aussi d’un besoin de compensation. Qui se sent sans pouvoir sur sa propre vie peut chercher à en exercer sur celle de quelqu’un d’autre. Une rumeur, une humiliation publique, une mise à l’écart donnent une impression d’influence immédiate — et coûtent peu à celui qui la produit.

Il y a enfin l’effet de groupe. Beaucoup de comportements cruels n’apparaissent que collectivement. La responsabilité s’y dilue, chacun estime n’avoir joué qu’un rôle mineur, et personne ne se sent l’auteur de ce que le groupe a fait. C’est ce qui rend le silence des témoins aussi décisif que l’acte lui-même.

Comprendre cela ne rend pas la blessure moins réelle. Mais cela déplace la question : cesser de chercher en soi la cause d’un comportement dont on n’est pas l’origine. Ce que fait une personne malveillante renseigne sur son état, pas sur votre valeur.

Reste ce que l’on peut faire. Ne pas répondre sur le même terrain, parce que c’est celui où l’autre est à l’aise. Ne pas rester seul avec la situation. Et se souvenir que la constance finit par se voir : ce qui se construit dure plus longtemps que ce qui se dit.

Chacun finira par répondre de ses actes. Choisissons la bonté, le respect et la paix.

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