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Fatoumata M Diarra dans la vidéo « Entre 15 et 30 ans, faut-il vraiment aller si vite ? »

Développement personnel

Entre 15 et 30 ans, faut-il vraiment aller si vite ?

La pression de réussir tôt n’a jamais été aussi forte. Elle pousse surtout à confondre la visibilité d’une réussite avec sa solidité.

2 min de lecture

Il existe aujourd’hui un calendrier implicite : avoir trouvé sa voie à vingt ans, avoir réussi à vingt-cinq, être installé à trente. Personne ne l’a écrit, tout le monde le connaît. Et il produit chez beaucoup de jeunes un sentiment de retard sur une course dont ils n’ont jamais choisi le tracé.

Ce calendrier repose sur une illusion d’optique. Ce que l’on voit d’une réussite, c’est son moment visible — l’annonce, la photo, le résultat. Ce que l’on ne voit pas, ce sont les années qui l’ont précédée, les tentatives abandonnées et les appuis dont la personne disposait. En comparant sa préparation à l’aboutissement des autres, on se compare à ce qui n’existe pas.

La conséquence la plus coûteuse n’est pas le découragement, c’est le raccourci. Quand la vitesse devient l’objectif, tout ce qui prend du temps paraît être une perte : apprendre un métier, refuser une occasion douteuse, dire non à une opportunité qui oblige à transiger. Les raccourcis existent réellement. Ils demandent seulement un prix qui se paie plus tard, souvent en réputation ou en tranquillité.

Aller vite n’est pas un défaut en soi. L’énergie de cet âge est réelle et elle sert. Le problème apparaît quand la vitesse remplace la direction : on avance beaucoup, sans savoir vers quoi, et l’on découvre à trente ans qu’on a accumulé de l’expérience dans une voie qu’on n’avait pas choisie.

Deux questions valent mieux que n’importe quel plan de carrière. Qu’est-ce que je saurai faire dans trois ans que je ne sais pas faire aujourd’hui ? Et qu’est-ce que je ne suis pas prêt à échanger contre une réussite ? La première donne une direction. La seconde fixe une limite. Ensemble, elles remplacent utilement la comparaison permanente.

La réussite qui dure est presque toujours celle qui s’est construite avec le temps. Continue d’apprendre, de travailler, de te former. Chacun a son parcours, son rythme et son moment.

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