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Fatoumata M Diarra dans la vidéo « Cet argent que l’enfant rapporte à la maison »

Société

Cet argent que l’enfant rapporte à la maison

Quand un enfant rapporte un objet ou une somme qui ne correspond pas à sa situation, la première réaction ne devrait pas être la joie. Elle devrait être une question.

2 min de lecture

Un enfant rentre avec un téléphone, une paire de chaussures neuve, ou une somme d’argent que rien n’explique. Dans beaucoup de foyers, la réaction est la fierté : il se débrouille, il a de la chance, il est aimé de quelqu’un. La question de l’origine, elle, n’est pas posée — parfois par pudeur, parfois parce que ce que la maison reçoit est trop utile pour être interrogé.

C’est pourtant le moment le plus important. Un enfant n’a pas les moyens d’évaluer ce qu’on attend de lui en échange. Ce qui lui apparaît comme un cadeau ou un service rendu peut être le début d’une dette qu’il ne sait pas nommer, et dont il ne mesurera le prix que bien plus tard.

La question à poser est simple, et elle doit rester une question, pas une accusation. D’où cela vient-il ? Qui te l’a donné ? Qu’est-ce que cette personne t’a demandé en retour ? Un enfant qui n’a rien à cacher répond sans difficulté. Un enfant embarrassé par sa propre réponse vient de vous dire l’essentiel — et il faut alors qu’il puisse parler sans être puni pour avoir parlé.

C’est le point décisif. Dans un foyer où l’aveu se paie par une punition immédiate, l’enfant apprend à ne plus rien dire. Il ne devient pas plus honnête, il devient plus discret. La vigilance sans dialogue ne protège personne : elle déplace simplement le problème hors du regard des parents.

Il faut aussi accepter une chose désagréable : celui qui approche un enfant n’est presque jamais un inconnu. C’est le plus souvent quelqu’un de proche, apprécié de la famille, dont la générosité passe pour de l’affection. Le remettre en cause coûte socialement. Ne pas le faire coûte à l’enfant.

Poser des questions n’est pas un manque de confiance envers son enfant. C’est une confiance envoyée dans l’autre sens : elle lui apprend qu’à la maison, on peut dire ce qui est gênant. Préserver son innocence aujourd’hui, c’est protéger son avenir.

Et vous, pensez-vous que les parents devraient s’intéresser davantage à l’origine de ce que leurs enfants rapportent à la maison ?

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